Les plus beaux sommets des Dolomites
L' enrosadira, c'est l'une des plus belles lumières des Alpes. Celle des teintes roses et dorées qui colorent les Dolomites au coucher du soleil et la principale raison pour laquelle les randonneurs se lèvent à 5h30, même en vacances.
Sommaire de la page
- CARTE INTÉRACTIVE DES PRINCIPAUX SOMMETS DES DOLOMITES
- LES SOMMETS DE CORTINA D'AMPEZZO ET MISURINA
- LES SOMMETS D'ALTA BADIA
- LES SOMMETS DU VAL GARDENA
- LES SOMMETS DU VAL DI FUNES
- LES SOMMETS DE BRIXEN / PLOSE
- LE PLUS HAUT SOMMET DES DOLOMITES
- NOS VOYAGES DANS LES DOLOMITES
- INFORMATIONS PRATIQUES ET CONSEILS TERRAIN
Les Dolomites doivent leur aspect si particulier à leur roche, la dolomie, un carbonate de calcium et de magnésium nommé d'après le géologue français Déodat de Dolomieu qui l'identifia à la fin du XVIIIe siècle. Cette roche blanche rosée réagit à la lumière d'une façon que peu d'autres matières minérales égalent : au lever et au coucher du soleil, les parois s'embrasent du rose au rouge profond dans un phénomène que les habitants des vallées appellent l'enrosadira.
Inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2009, les Dolomites couvrent neuf massifs distincts répartis sur le Trentin-Haut-Adige et la Vénétie, dans le nord-est de l'Italie.
Leurs sommets culminent entre 2 500 et 3 342 mètres, modestes en comparaison des 4 000 des Alpes occidentales, mais d'une verticalité et d'une complexité technique qui ont forgé l'histoire mondiale de l'alpinisme.
Carte intéractive des principaux sommets des Dolomites
Les sommets de Cortina d'Ampezzo et Misurina
Tre Cime di Lavaredo, 2 999 m
Les Tre Cime di Lavaredo (Drei Zinnen en allemand) sont sans doute les trois rochers les plus célèbres des Alpes. Ces trois tours de dolomie verticales (la Cima Grande (2 999 m), la Cima Ovest (2 973 m) et la Cima Piccola (2 857 m)) surgissent du plateau de Lavaredo comme des doigts pointés vers le ciel, offrant l'un des panoramas les plus spectaculaires d'Europe.
Pour les alpinistes, leurs trois faces nord restent parmi les grandes classiques des Alpes, gravies pour la première fois dans les années 1930 au prix d'efforts considérables.
Côté rando, l'accès se fait depuis le refuge Auronzo (2 320 m) par route payante ou navette depuis Misurina. Nous vous proposons une boucle qui peut se faire en 4 ou 5h avec 10.5km de marche et 365 m de dénivelé positif en passant par le refuge de Locatelli, et une variante plus sportive vers le Monte Paterno. Un parcours panoramique prévu au jour 5 de notre voyage en liberté dans les Dolomites avec de belles images de Tre Cime se reflétant sur les petits lacs alpins environnants.
La Cima Grande des Tre Cime mesure exactement 2 999 m. Si elle avait un mètre de plus, elle rejoindrait le club très fermé des "3 000" des Dolomites. La nature a ses caprices et les cartographes aussi : l'altitude officielle a été révisée plusieurs fois depuis le XIXe siècle.
Monte Cristallo, 3 221 m
Le Monte Cristallo est le géant silencieux qui veille sur Cortina d'Ampezzo depuis le nord-est. Moins célèbre que ses voisins les Tre Cime, il n'en reste pas moins l'un des sommets les plus imposants des Dolomites orientales : un massif de calcaire gris-bleu aux arêtes déchiquetées, aux couloirs enneigés tardifs et aux parois que les alpinistes considèrent parmi les plus engagées du secteur.
Contrairement aux grandes voies touristiques des Dolomites, le Monte Cristallo se mérite : son accès demande plusieurs heures de marche soutenue, un équipement adapté au terrain glaciaire résiduel, et une connaissance sérieuse de l'orientation en haute montagne. La voie normale passe par le refuge Son Forca (2 215 m), accessible depuis Cortina en téléphérique ou à pied, avant de rejoindre les crêtes sommitales par un itinéraire peu balisé au-dessus de 2 800 m.
Cinque Torri, 2 361 m
Les Cinq Tours sont les rochers les plus accessibles de cette sélection et parmi les plus beaux. Ces cinq aiguilles calcaires, Torre Grande, Torre Lusy, Torre Latina, Torre Inglese, Torre Romana, de taille modeste (entre 2 100 et 2 361 m) surgissent d'un plateau herbeux au-dessus du col Falzarego avec une élégance qui tranche avec la verticalité des grandes parois voisines.
Lieu d'escalade historique depuis la fin du XIXe siècle, elles sont aussi entourées d'un musée en plein air de la Grande Guerre (tranchées reconstituées, abris, canons d'époque) qui se visite librement à pied sur le plateau. La vue depuis le refuge Cinque Torri (2 137 m) sur le Lagazuoi d'un côté et les Tofane de l'autre est l'un des panoramas les plus composés des Dolomites.
Tofana di Mezzo, 3 244m
Les trois Tofane, Tofana di Rozes (3 225 m), Tofana di Mezzo (3 244 m) et Tofana di Dentro (3 238 m), dominent Cortina d'Ampezzo depuis l'ouest comme une muraille de calcaire gris.
La Tofana di Rozes est la plus fréquentée des trois par les randonneurs : sa voie normale passe par des sentiers balisés jusqu'à environ 2 900 mètres avant de basculer sur un terrain plus rocheux et exposé. Les refuges Pomedes et Dibona, accessibles en téléphérique depuis Cortina, permettent de fractionner l'ascension sur deux jours et de transformer ce qui serait une course épuisante en une belle randonnée itinérante.
Les sommets d'Alta Badia
Lavarella, 3 055 m et Conturines, 3 064 m
La Lavarella (3 055 m) et les Conturines (3 064 m) sont les deux sentinelles oubliées du parc naturel de Fanes-Senes-Braies. Dominant le plateau de Fanes depuis le nord, ces deux sommets jumeaux ne figurent dans aucun guide grand public, n'apparaissent sur aucune carte postale de Cortina et c'est précisément ce qui en fait deux des objectifs alpins les plus précieux des Dolomites pour qui cherche l'altitude sans la foule.
On y accède depuis le refuge Fanes (2 060 m) en remontant progressivement vers le plateau de Lavarella à travers des alpages à marmottes, avant de basculer sur un terrain minéral et engagé. L'ascension finale demande crampons, corde et expérience en haute montagne. La récompense : un silence absolu, des bouquetins sur les vires dès 2 600 mètres, et une vue plongeante sur l'ensemble du parc.
Et pour ceux qui préfèrent les admirer plutôt que de les grimper, on ne peut que vous conseiller la terrasse du refuge de Fanes. Là-haut, la masse des Conturines ferme l'horizon au nord. Belle récompense après deux heures de marche depuis le col de Falzarego.
Lagazuoi, 2 778 m
Le Lagazuoi est une montagne à double visage : côté touriste, un téléphérique depuis le col Falzarego vous dépose en huit minutes à 2 752 mètres d'altitude, à quelques pas du refuge et d'un panorama à 360° sur les Dolomites d'Ampezzo, la Marmolada, les Tre Cime et le groupe du Sella.
Côté histoire, le Lagazuoi est une montagne littéralement creusée de l'intérieur : 1 200 mètres de galeries militaires taillées dans la roche entre 1915 et 1918, quand Italiens et Austro-Hongrois se faisaient face sur ces crêtes à quelques dizaines de mètres de distance, plaçant des mines sous les positions adverses et faisant sauter des pans entiers de falaise. Le cratère de l'explosion de 1917, qui projeta 10 000 tonnes de roche, est encore parfaitement visible depuis le sentier.
En résumé :
- Accès par le téléphérique depuis le col Falzarego ou en 2h de marche par le sentier historique.
- À visiter : le réseau de galeries militaires de la Grande Guerre avec 1 200 m de tunnels.
- Au sommet, panorama à 360° sur la Marmolada, les Tre Cime, le Sella et les Dolomites d'Ampezzo.
- Au programme de notre voyage accompagné Le Charme des Dolomites de Cortina pour une découverte tout confort et dans une ambiance conviviale des plus belles randos des dolo.
Pour ceux qui préfèrent l'admirer sans l'escalader, le Lago di Misurina (1 754 m), accessible en voiture à quinze minutes de Cortina, en offre le reflet parfait en fin de journée.
Les sommets du Val Gardena
Sassolungo, 3 181 m et Sassopiatto, 2 964 m
Le Sassopiatto (Plattkofel en allemand, littéralement rocher plat) s'oppose trait pour trait à son voisin le Sassolungo (long rocher). L'un est un plateau herbeux que les randonneurs aguerris peuvent atteindre ; l'autre est une muraille verticale réservée aux alpinistes. Ensemble, ils forment l'un des duos les plus photographiés des Alpes.
Pour les découvrir, nous proposons dans notre voyage Dolomites, citadelles lunaires une journée de 6h de marche et 1200 m de dénivelé positif passant par un col situé entre les deux cimes, l'Alpe di Siusi (le plus grand alpage d'Europe) avec en point d'orgue une nuit au refuge de l'Alpe di Tires, au pied des dents de Terra Rossa.
Les sommets du Val di Funes
Mont Gabler, 2 562 m
Moins connu que les grands sommets emblématiques des Dolomites, le Mont Gabler séduit par son caractère sauvage et préservé. Culminant à 2 562 mètres, il s’élève dans le massif du Puez-Odle et offre une alternative idéale pour ceux qui recherchent des panoramas spectaculaires loin de l’affluence.
Nous vous proposons de le découvrir dans notre voyage Les Dolomites du Sud-Tyrol au fil d'une randonnée en boucle autour des trois sommets du massif de Plose passant également par le Telegraph (2486m) et le Pfannspitz (2545m). Au programme : 15 km de marche et 580m de dénivelé positif.
Sass de Putia, 2 875 m
Le Sass de Putia (Peitlerkofel en allemand) est le sommet le plus isolé et le plus reconnaissable de ce guide. Sa pyramide calcaire parfaite, tranchant seule au-dessus des alpages du Passo delle Erbe, est l'une des images les plus photographiées des Dolomites du val Badia, et pourtant le sommet reste très peu fréquenté en comparaison des grands circuits voisins. L'ascension depuis le col des Herbes est une randonnée engagée qui monte régulièrement à travers des alpages fleuris avant de basculer sur un terrain rocheux et exposé dans les 400 derniers mètres, avec un passage de crête aérien juste avant le sommet.
Les sommets de Brixen / Plose
Plose, 2 566 m
La Plose est la montagne de maison des habitants de Bressanone, une station de ski modeste sur les hauts plateaux au-dessus de la ville épiscopale, qui se transforme en été en un terrain de randonnée facile, familial, avec une vue panoramique sur la vallée de l'Isarco et les Dolomites à l'horizon. Moins spectaculaire que les massifs calcaires voisins, la Plose est une montagne de prairie et de forêt qui offre quelque chose de rare dans les Dolomites : une accessibilité totale, une fréquentation modérée hors week-end, et un calme qui contraste avec l'agitation des sites phares.
Maureberg, 2 740 m
Le Maureberg (ou Maurerberg) est un sommet herbeux sur les hauts plateaux au-dessus de Bressanone, moins connu que son voisin la Plose mais plus élevé et plus sauvage. Son accès depuis le hameau de San Andrea in Monte traverse des alpages de haute altitude où paissent encore des troupeaux en été. Le sommet, coiffé d'une croix, offre un panorama dégagé sur la vallée de l'Isarco au sud et sur les aiguilles du groupe Puez-Odle au nord-est, un avant-goût des Dolomites sans leur verticalité.
Pour découvrir ces sommets du Val di Funes, embarquez pour notre voyage accompagné Les Dolomites du Sud-Tyrol. De niveau 2/4 et basé, c'est le choix idéal pour approche très confortable et hors des sentiers battus des Dolomites.
Le plus haut sommet des Dolomites
Punta Penia, 3 343 m
Le toit des Dolomites. "La Reine des Dolomites". La Punta Penia dans le massif de la Marmolada est la seule montagne du massif à porter un glacier permanent, l'Ghiacciaio della Marmolada, bien qu'il rétrécisse à vue d'œil depuis les années 1980. Le panorama depuis le sommet embrasse toutes les Dolomites et par temps clair, la plaine du Pô jusqu'à l'Adriatique.
Pour les randonneurs, le sentier du Viel di Pan offre l'un des panoramas les plus saisissants du massif : un chemin en balcon dominant le lac de Fedaia (2 000 m), avec en toile de fond la face sud de la Marmolada et son glacier étincelant. Une randonnée de moyenne montagne parfaite pour admirer la reine dans toute sa majesté sans quitter les sentiers balisés. Plus facile, mais moins intéressant pour les marcheurs que nous sommes, un téléphérique, le plus haut des Dolomites, monte jusqu'à Punta Rocca, à 3 269 m, pour un panorama exceptionnel sans effort.
Chiffre vertigineux : Le glacier de la Marmolada mesurait 7 km2 en 1905. Il fait aujourd'hui moins de 1,5 km². À ce rythme, les glaciologues estiment qu'il aura disparu d'ici à 2040-2060. Ce sera la fin du seul vrai glacier des Dolomites et d'une histoire de 12 000 ans.
Nos voyages dans les Dolomites
Nuits en altitude, terrasses panoramiques et ambiance alpine : l’esprit des Dolomites. Ici, les sentiers serpentent sous des falaises rosées qui s’embrasent au coucher du soleil.
Tous nos voyages dans les DolomitesInformations pratiques et conseils terrain
Quand partir ?
La saison optimale pour randonner dans les Dolomites s'étend de fin juin à mi-septembre. Juillet et août sont les mois les plus fréquentés et les plus sûrs pour les hauts alpages. En juin, la neige peut être encore bien présente à certains cols au-dessus de 2 000 m. En septembre, les couleurs de l'automne commencent à colorer les forêts et la fréquentation baisse sensiblement.
Météo : la règle des orages
Dans les Dolomites, les orages d'été se forment très vite, généralement entre 12h et 16h. La règle des alpinistes locaux : être redescendu sous les crêtes avant midi si le ciel montre des signes d'instabilité le matin.
Urgences montagne
- Numéro d'urgence montagne en Italie : 112