14 refuges sélectionnés, classés par secteur, avec toutes les infos que seuls les habitués connaissent

Pourquoi dormir en refuge dans les Dolomites ?

Inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2009, les Dolomites forment l'un des paysages montagnards les plus spectaculaires d'Europe. Leurs parois verticales de dolomie blanche rosée, leurs alpages verdoyants et leurs sentiers balisés en font une destination de randonnée itinérante de premier plan, à condition de savoir où poser son sac. 

Les refuges (rifugi en italien, Hütten en allemand) sont les points d'ancrage de cette montagne. Ils permettent de découper les grandes traversées en étapes humaines, d'éviter les allers-retours depuis la vallée et, surtout, d'être présent à l'aube quand la lumière transforme les falaises en braises. Ce guide vous présente 14 refuges incontournables, classés par massif, avec tout ce qu'il faut savoir avant de partir.

La règle d'or dans les Dolomites : réservez toujours à l'avance, même hors saison. La capacité des refuges est limitée et les places partent vite, surtout de mi-juillet à fin août. Un appel téléphonique direct au refuge est souvent plus sûr qu'une réservation en ligne. Ou pour plus de confort, laissez-nous réserver vos refuges et l'ensemble de votre voyage dans les Dolomites.

Carte interactive des refuges des Dolomites

 

Les refuges du massif des Tofane

Altitude : 1224 m - 2580 m

Capitale des Dolomites, station de ski légendaire et ville d'accueil des Jeux Olympiques 2026, Cortina est aussi le camp de base idéal pour explorer le massif de la Tofana di Rozes. Les remontées mécaniques permettent de gagner de l'altitude rapidement, mais c'est à pied que la montagne révèle ses secrets : via ferrata historiques de la Grande Guerre, alpages silencieux en semaine, panoramas à 360° sur la Marmolada et les Tre Cime. En voici 3 incontournables.

Refuge Pomedes, 2 303 m, accès modéré

Premier verrou du massif Tofana depuis Cortina, le Pomedes est souvent le point de départ des randonneurs qui montent par le téléphérique Ra Valles. Petit, accueillant, avec une terrasse qui donne sur les parois rouges de la Tofana di Rozes. 

  • Montée possible via le téléphérique Ra Valles ou comment économiser 700 m de dénivelé si vos genoux en ont besoin.
  • Réservez le dîner en même temps que la nuit : la capacité de la salle est limitée.
  • Le sentier vers Giussani part directement derrière le bâtiment, repérable par le balisage rouge/blanc n°403. 

Refuge Dibona, 2 037 m, accès facile

Nommé en hommage à l'alpiniste Angelo Dibona, ce refuge est l'un des plus historiques du secteur. Son accès est facile depuis le col Falzarego en 1h15 et vous récompense par une ambiance italienne authentique, une cuisine soignée, et une vue imprenable sur la Tofana di Rozes et la Marmolada.

  • Idéal pour une première nuit en refuge : l'accès est progressif, sans passage technique.
  • La via ferrata Lipella démarre à 15 minutes à pied (comptez 4h aller-retour pour les initiés.)
  • Réservation indispensable le week-end de mi-juillet à mi-août. 

Refuge Giussani, 2 580 m, accès difficile

Le plus élevé du secteur Tofana, le Giussani est une récompense. On y accède par un sentier d'environ 3h depuis Cortina ou 1h45 depuis le Pomedes. L'ambiance y est plus sauvage, la fréquentation plus faible qu'en vallée, et les levers de soleil sur les parois sont d'une beauté rare. 

  • Partez tôt depuis Cortina : le sentier expose en plein soleil l'après-midi.
  • Les chaussures de randonnée rigides sont indispensables : le terrain devient rocheux au-dessus de 2 000 m.
  • Les réservations ouvrent en général en mars pour l'été. Ne les ratez pas.

La dernière randonnée de notre voyage accompagné les Charmes des Dolomites de Cortina vous fait découvrir ces trois refuges en une journée avec au programme 12 km, 1000m de dénivelé positif, environ 6h de marche et des points de vue incroyables. Parfait pour découvrir ces lieux magiques sans faire l'impasse sur le confort le soir venu.

Les refuges du massif de Tre Cime

Altitude : 1 985 - 2 405 m

Trois pics verticaux qui surgissent du plateau comme des doigts pointés vers le ciel : les Tre Cime di Lavaredo sont l'image la plus reproduite des Dolomites, et pour cause. La boucle autour des sommets (9 km, 500 m de dénivelé) est accessible à tous les marcheurs et pourtant inoubliable.  Pour la plus belle expérience, arrivez en semaine ou avant 8h le week-end pour éviter la foule du parking Auronzo. 

Refuge Auronzo, 2 320 m, accès facile

Accessible en voiture par la route payante du col Tre Cime (droit de passage à acquitter, idéalement en amont sur internet pour éviter d'attendre au péage), le refuge Auronzo est le point de départ officiel de la boucle. Grand, animé, un peu touristique, mais on y dort bien et la vue au lever du soleil sur les Tre Cime vaut amplement le dérangement.

  • En raison de l'affluence, depuis 2025 l'enregistrement en ligne est obligatoire sur aurozon.info
  • Le parking est payant et souvent complet dès 7h en juillet-août. Privilégiez le bus depuis Misurina. Ou encore mieux : arrivez avant 6h du matin.
  • Le refuge est ouvert de fin juin à début octobre, mais vérifiez les dates exactes chaque année.

Refuge Locatelli, 2 405 m, accès modéré

Sur la face nord des Tre Cime, le Locatelli (Drei Zinnen Hütte) offre la vue frontale classique sur les trois pics, celle des cartes postales. On y accède en 1h45 depuis Auronzo. Ambiance austro-tyrolienne, grand chalet en bois, Kaiserschmarrn (omelette sucrée) et bière locale au programme. 

  • La vue nord sur les Tre Cime est la plus spectaculaire, au coucher de soleil, les parois virent au orange.
  • Le sentier passe par les anciennes fortifications de la Grande Guerre : prenez 20 minutes pour les explorer.
  • Dortoirs de 4 à 8 personnes. Apportez votre drap-sac : obligatoire dans tous les refuges italiens. 

La boucle Auronzo - Locatelli est faisable en une journée (10.5 km, entre 4 et 5h de marche), elle est d'ailleurs au programme de notre voyage liberté Dolomites Mythiques.          

Les refuges du massif Fanes-Senes

Altitude : 1 875 - 2 475m

Ce double parc naturel représente l'âme sauvage des Dolomites. Le Fanes-Senes-Braies est un monde de plateaux ondulants, de lacs turquoise et de refuges qu'on croirait sortis d'une autre époque. Le Puez-Odle, voisin immédiat, propose des paysages franchement lunaires : cailloutis grisâtres, silences pesants, et l'impression d'être seul au monde même en haute saison. Les deux parcs sont traversés par l'Alta Via 1 et l'Alta Via 2. 

Refuge Scotoni, 1 985 m, accès facile

Un secret bien gardé en bordure du lac de Scotoni, dans le parc de Fanes-Senes-Braies. Accès en 1h depuis le lac de Braies ou depuis la route du col Falzarego. On peut le décrire en 3 points qui donnent le ton : clientèle locale, gardienne en tablier à carreaux et truite du lac au menu. 

  • Le lac de Scotoni au coucher de soleil est l'un des panoramas les plus discrets et les plus beaux des Dolomites.
  • Étape naturelle sur l'Alta Via 1 entre Falzarego et Fanes.
  • Pas de route d'accès : uniquement à pied.
refuge Tre Cime Dolomites Tre Cime Dolomites

Refuge de Fanes, 2 060 m, accès modéré

Le cœur battant du parc éponyme. Perché dans la grande prairie de Fanes, il est entouré de falaises rouges et de marmottes qui n'ont pas peur. La gardienne est aux fourneaux depuis des décennies et les pâtes au ragù de cerf sont une institution dont vous parlerez longtemps.

  • Réservation idéale 10 à 12 mois en amont de votre séjour. C'est le refuge le plus demandé de l'Alta Via 1, entre le col Falzarego (refuge Scotoni) et Sennes.
  • Les lampes frontales sont indispensables, autant que les étoiles sur le plateau de Fanes sont spectaculaires. 

Refuge de Sennes, 2 116 m, accès modéré

Voisin du Fanes mais plus discret, Senes se mérite par un sentier qui monte depuis le lac de Braies (1h45) ou depuis le Fanes (2h). Architecture tyrolienne classique, clientèle de randonneurs chevronnés, et toujours une vue sur les Dolomites de Braies dont on ne se lasse pas sont au programme de ce refuge. 

  • Le sentier depuis le lac de Braies est l'un des plus beaux du secteur : levez-vous tôt pour éviter la foule du lac. Et là encore, réservation conseillée 10 à 12 mois avant votre départ.
  • Combinaison parfaite avec le refuge Fanes : les deux se font sur 2 jours sans difficulté majeure.
  • Le refuge ferme généralement début octobre : vérifiez les dates avant de partir. 

Lago di Braies Dolomites chapelle autour du Lago di Braies

Les refuges du Puez-Odle

Refuge Gardenaccia, 2 050 m, accès facile

Antichambre du plateau du Puez-Odle depuis le Val Badia, le Gardenaccia est un refuge de caractère aux boiseries sombres. Ici la clientèle est locale et autrichienne, l'ambiance calme et la terrasse fait face au groupe de l'Odle. Vous y accédez depuis La Villa (Val Badia) en 1h45 au fil d'un sentier bien balisé et progressif. 

Refuge de Puez, 2 475 m, accès difficile

Au centre du plateau lunaire du Puez, ce refuge est une étape mythique des grandes traversées. Autour de lui : caillasse, horizon dégagé à 360°, et un silence que peu de refuges peuvent égaler. La montée est longue mais la récompense est totale. 

  • Le terrain est rocailleux et exposé : bâtons de randonnée et bonnet fortement recommandés même en été.
  • Pas de téléphone portable fiable sur le plateau : donnez vos coordonnées avant de partir.
  • Le refuge Puez est ouvert de fin juin à début octobre. Fermé le reste de l'année. 

Refuge Genova, 2 297 m, accès modéré

Porte d'entrée sur les Odle depuis le Val di Funes, le Genova est entouré d'une forêt de conifères qui contraste avec les aiguilles calcaires au-dessus. Depuis sa terrasse, vous aurez une vue directe sur les Odle, certainement l'une des plus instagrammées des Dolomites. Ce qui en fait un des refuges ls plus populaires, à prendre ou à laisser.

  • Accès depuis Santa Maddalena (Val di Funes) en 2h15  (très fréquenté le week-end.)
  • Bon point de départ pour les randonnées dans les Geislerspitzen, accessible aux randonneurs confirmés. 

Refuge de Gampenalm, 1 745 m, accès facile

Une ferme d'alpage reconvertie en refuge dans le val Gardena. Plus une grange qu'un hôtel, avec quelques vaches dans le pré d'à côté et du lait chaud le matin. L'endroit parfait pour décrocher. 

  • Accès depuis Ortisei (val Gardena) en 1h15 par le sentier n°35.
  • Le refuge sert le fromage de l'alpage directement (achetez-en un morceau pour la route.)

Checklist : indispensables pour une nuit en refuge 

Imprimer cette liste, la glisser dans le fond du sac et cocher au moment de la préparation. Rien de révolutionnaire, mais on oublie toujours quelque chose. 

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