La réputation des Cévennes n’est plus à faire pour la randonnée. Entre hautes terres granitiques, vallées schisteuses, serres et valats, le marcheur passe ici d’un sommet ouvert aux estives à une châtaigneraie de bancels et de clèdes, puis à une draille de transhumance. C’est tout le charme du pays cévenol : une montagne habitée, rude, lumineuse et profondément façonnée par l’agropastoralisme.

Le plus haut : le pic de Finiels

Point culminant des Cévennes à 1699 m d’altitude, le pic Finiels règne sur le mont Lozère, vaste plateau aux formes arrondies où se succèdent pelouses d’estive, landes à genêts et à callunes, tourbières et chaos de boules granitiques. C’est aussi un sommet de sources et de lignes de partage des eaux : ici naît le Tarn, tandis que d’autres rivières filent vers l’Atlantique ou vers la Méditerranée.

L’ascension du Finiels a ce caractère très cévenol qu’on ne retrouve nulle part ailleurs : on ne grimpe pas une pointe acérée, on gagne un grand dos de granite battu par le vent, avec une impression d’espace presque infinie. Le sommet de Finiels est évidemment l’un des incontournables du Mont Lozère, il est possible de le gravir depuis plusieurs chemins de randonnées, notamment en marchant sur les traces de Robert Louis Stevenson et de son ânesse Modestine jusqu’aux tables d’orientation du sommet.

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le pic de finiels mont lozere Les sources du tarn dans les cévennes

Le plus réputé : le mont Aigoual

Avec son observatoire perché à 1 567 m, le mont Aigoual est sans doute le sommet le plus célèbre des Cévennes. Le massif est connu pour ses conditions météo extrêmes (pluie, neige, vent, brouillard…) et **l’observatoire inauguré en 1894** abrite encore la dernière station météo de montagne en activité en France. Sur ces hautes terres largement forestières, la montagne garde une vraie puissance de paysage.

Randonner vers l’Aigoual, c’est entrer dans une autre ambiance cévenole : celle des grandes forêts, des drailles empruntées par les brebis transhumantes venues des plaines languedociennes, et des panoramas immenses sur les Cévennes et les Causses. Depuis Valleraugue, la mythique montée des 4 000 marches donne toute sa mesure à ce sommet ; par temps clair, le regard porte jusqu’aux Alpes, aux Pyrénées et à la Méditerranée.

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Le plus inattendu : le pic Cassini

Moins connu que le pic de Finiels, le pic Cassini n’en est pas moins un très grand sommet cévenol. Deuxième plus haut sommet de la Lozère avec ses 1 680 m, c’est un panorama à 360° qui se dessine sur le mont Lozère, les vallées cévenoles, le mont Aigoual, le Ventoux, et parfois jusqu’au littoral ou aux Alpes lorsque le ciel se dégage. C’est un sommet d’horizon, de lumière et de grand large.

Au départ du Mas de la Barque, la randonnée reste accessible et traverse un bel étage de hêtraie-sapinière avant de déboucher sur les blocs et les pelouses sommitales. Le nom du sommet raconte aussi une autre histoire du territoire : celle de la famille Cassini, pionnière de la cartographie française, qui s’est appuyée sur ce point haut dans ses travaux de triangulation.

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Nos randonnées dans les Cévennes

Dans les Cévennes, partir vers les sommets, ce n’est jamais seulement additionner des mètres d’altitude. C’est suivre une draille, contourner un mas, remonter une serre, redescendre dans un valat, traverser d’anciens chemins muletiers, des bancels et parfois même des clochers de tourmente. Ici, les sommets ne se séparent jamais des vallées, ni des hommes qui ont façonné cette montagne.

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Lexique 

Serre : une crête étroite, allongée, typique des reliefs cévenols. Quand on parle des serres, on parle vraiment de la ligne de crête.

Valat : une vallée cévenole encaissée, souvent étroite et creusée par l’eau. Dans le vocabulaire local, serres et valats vont presque toujours ensemble.

Draille : chemin de transhumance emprunté par les troupeaux pour monter des vallées vers les hautes terres. Une draille suit en général une pente douce pour éviter l’effort excessif et le ravinement.

Estive : grand pâturage d’altitude parcouru par les troupeaux en été ; le mot désigne aussi la saison pendant laquelle les bêtes montent sur ces pâturages.

Mas : ferme traditionnelle cévenole, avec la maison d’habitation et les bâtiments annexes nécessaires à l’activité agricole.

Bancels : terrasses cultivées aménagées dans la pente pour retenir la terre et gagner de la surface. Selon les vallées, on dit aussi faïsses, accols ou traversiers.

Béal : petit canal d’irrigation à ciel ouvert, de faible pente, qui amène l’eau d’un ruisseau vers les terrasses, les jardins, les prés de fauche ou autrefois les moulins.

Clède : petit séchoir à châtaignes, à deux niveaux, adossé à la pente. On entretenait en bas un feu de bois vert pendant plusieurs semaines pour sécher les châtaignes placées au-dessus.

Lauzes : pierres plates utilisées pour les toitures. Dans le territoire, elles peuvent être en calcaire, en schiste ou en ardoise selon les zones.

Chaos granitique ou chaos de boules granitiques : expression employée pour désigner les amas de gros blocs arrondis de granite qui marquent fortement les paysages du mont Lozère.

Tourbière : zone humide où le sol reste saturé d’eau et pauvre en oxygène, ce qui ralentit la décomposition de la matière végétale ; c’est l’un des milieux les plus emblématiques du mont Lozère.